14/09/2026

Observation d’un FRB associé à une étoile compacte à rotation lente

Une équipe internationale d’astronomes a annoncé en août 2026 la découverte d’un nouveau type de sursaut radio rapide (FRB, Fast Radio Burst) associé à une étoile compacte en rotation lente, remettant en question les modèles existants sur l’origine de ces phénomènes transitoires extragalactiques.

Contexte et importance Les FRB sont des impulsions radio extrêmement brillantes et brèves (milliseconde à quelques secondes) issues d’au-delà de notre galaxie. Depuis leur première détection en 2007, leur origine a fait l’objet de nombreuses hypothèses : magnétars jeunes et actifs, collisions d’étoiles compactes, émissions liés à des trous noirs, ou même processus inconnus de haute énergie. Certaines sources émettent de façon répétée, d’autres sont uniques, et la diversité observée a rendu difficile l’élaboration d’un modèle unificateur.

L’observation a été réalisée grâce à la combinaison d’installations radio de nouvelle génération et d’un suivi multi-longueurs d’onde coordonné (ondes radio à large bande, rayons X et optique). Les chercheurs ont détecté des rafales radio répétées présentant :

  • une périodicité d’émission de l’ordre de plusieurs minutes à heures, superposée à une modulation plus longue de plusieurs jours ;

  • des propriétés spectrales atypiques, avec une large bande et des structures en fréquence montrant des dérives rapides ;

  • une rotation de la polarisation indiquant un champ magnétique puissant et variable dans l’environnement immédiat de la source.

L’élément le plus surprenant est que la source semble être en orbite autour d’un compagnon compact et que l’objet émetteur principal n’est pas un magnétar jeune à rotation rapide, mais plutôt une étoile compacte — probablement une naine blanche fortement magnétisée ou un pulsar à rotation lente — dont la période de rotation mesurée via l’analyse des sub-structures temporelles est bien plus longue que celle attendue pour produire des FRB selon les modèles standards.

01-09-2026

L'astronomie mondiale en 2026 : conquête de l'Univers ... et enjeux terrestres


Alors que la politique britannique de financement de la recherche réoriente brutalement ses priorités en annonçant des coupes budgétaires importantes (juillet 2026) au détriment de la recherche fondamentale en astronomie (arrêt du financement du radiotélescope de l'observatoire Jodrell Bank en 2028, annulation de la participation financière à l'expérience LHCb au CERN, ...), nous nous interrogeons sur l'activité des principaux pays acteurs de notre connaissance de l'Univers.

Emergeants entre les deux guerres mondiales, les Etats-Unis ont établis depuis, et confirment toujours la première place mondiale en matière de moyens et de résultats en astronomie.
La NASA (National Aeronautics and Space Administration) et la NSF (National Science Foundation) sont les deux organismes majeurs en la matière.
Le seul budget global de la NASA pour l'exercice 2025 s'élève à environ 24,8 milliards de dollars, dont plus de 7 milliards consacrés aux programmes scientifiques. L'astrophysique représente à elle seule environ 1,5 milliard de dollars.
Le James Webb Télescope est le projet phare de cette décennie. Successeur de Hubble, sa vision infra-rouge le dédie à l'exploration des premières galaxies de l'Univers, des atmosphères des exoplanètes et du processus de la formation des étoiles.e Nancy Grace Télescope vient d'être lancé. C'est l'autre grand instrument spatial du moment. Il porte l'espoir d'en savoir davantage sur l'énergie noire et sur la matière noire notamment.
Au sol, le Vera C. Rubin Observatory, installé au Chili, doit révolutionner l'observation du ciel grâce à une cartographie systématique et répétée de l'ensemble de la voûte céleste. Les États-Unis demeurent également un partenaire majeur du réseau radioastronomique ALMA et du programme d'ondes gravitationnelles LIGO.
Ces grands projets sont gourmands et l'évolution des budgets ne suit pas ; on s'inquiète d'un ralentissement possible des capacités américaines dans les prochaines années.

L'Europe occupe la deuxième place du podium avec l'ESA (Européan Soace Agency) et l'ESO (Européan Southern Observatory) qui pilotent plusieurs projets de très grande envergure :
Gaia, qui cartographie la Voie lactée avec une précision inédite ;
Euclid, consacré à la matière noire et à l'énergie noire ;
Plato, dédié à la recherche d'exoplanètes ;
Ariel, qui étudiera les atmosphères d'exoplanètes.
Le projet le plus ambitieux actuellement en construction est l'Extremely Large Telescope (ELT), installé au Chili. Avec un miroir principal de 39 mètres de diamètre, il deviendra le plus grand télescope optique du monde et permettra d'étudier les premières galaxies, les trous noirs supermassifs et les atmosphères d'exoplanètes.
Il faut noter l'implication particulière de la France dans ces organisations où la coopération internationale permet à ces grands projets d'aboutir.
Le CNRS, le CEA, l'Observatoire de Paris et plusieurs observatoires régionaux contribuent fortement aux instruments embarqués sur les grandes missions spatiales et aux équipements des observatoires terrestres.
Contributions qui dépassent les frontières institutionnelles avec, par exemple, la participation à la mission sino-française SVOM et au télescope James Webb.

La Chine investit maintenant massivement dans les sciences fondamentales et les infrastructures de recherche.
Son projet le plus spectaculaire est le radiotélescope FAST (Five-hundred-meter Aperture Spherical Telescope), le plus grand radiotélescope à ouverture unique du monde.
La Chine développe également le futur télescope spatial Xuntian (CSST), destiné à réaliser de vastes relevés du ciel et à compléter certaines observations effectuées par les observatoires occidentaux.
L'objectif affiché est de disposer d'un ensemble cohérent d'infrastructures nationales capables de rivaliser avec les grands programmes américains et européens.
La Chine représente aujourd'hui le principal concurrent scientifique des États-Unis dans le domaine de l'astronomie.

Le Japon conserve une place de premier plan grâce à une longue tradition d'excellence instrumentale.
Son observatoire vedette est le télescope Subaru, situé au sommet du Mauna Kea à Hawaï.
Le pays participe également à plusieurs projets internationaux majeurs, notamment ALMA, et contribue à de nombreuses missions spatiales scientifiques via l'agence JAXA.
Le Japon est aussi impliqué dans le développement du futur Thirty Meter Telescope (TMT), l'un des projets les plus ambitieux de la prochaine génération de télescopes géants.

L'Inde renforce progressivement ses capacités astronomiques.
Son instrument le plus célèbre est le Giant Metrewave Radio Telescope (GMRT), l'un des plus importants réseaux radioastronomiques du monde.
Dans le domaine spatial, l'Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) a développé :
AstroSat, premier observatoire spatial indien dédié à l'astronomie ;
Aditya-L1, mission consacrée à l'étude du Soleil.
Même si les budgets restent inférieurs à ceux des grandes puissances historiques, la progression indienne est particulièrement rapide.

La Russie possède une tradition astronomique importante et plusieurs infrastructures historiques remarquables, dont le radiotélescope RATAN-600.
Cependant, les difficultés économiques et la réduction de certaines coopérations internationales limitent aujourd'hui sa capacité à lancer de nouveaux projets d'envergure comparable à ceux des États-Unis, de l'Europe ou de la Chine.

Une coopération de plusieurs pays africains projette l'envoi d'instruments scientifiques sur la face cachée de la Lune.
L'Observatoire sud-africain de radioastronomie (SARAO) et l'Agence spatiale nationale sud-africaine participent à la Fondation pour le développement spatial en Afrique et c'est une fusée Chang'e-8 chinoise qui devra véhiculer cette mission.

Au cours des vingt prochaines années, trois projets pourraient particulièrement transformer notre vision de l'Univers : le Vera C. Rubin Observatory, l'Extremely Large Telescope européen et le télescope spatial chinois Xuntian.
La matière noire et l'énergie noire font l'objet d'une véritable course à la découverte et restent, avec la connaissance des exoplanètes et des grandes structures cosmiques les grands sujets de l'astronomie de ce début du XXIème siècle.

20/08/2026

A 25 000 km/s, l’étoile la plus rapide de la Galaxie

Des astronomes ont découvert l'étoile la plus rapide jamais observée dans la Voie lactée. Baptisée S301, elle orbite autour de Sagittarius A*, le trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie.

Des astronomes ont découvert l'étoile la plus rapide jamais observée dans la Voie lactée. Baptisée S301, elle orbite autour de Sagittarius A*, le trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie.

Cette étoile atteint une vitesse d'environ 25 000 km/s, soit plus de 8 % de la vitesse de la lumière, et effectue une révolution complète autour du trou noir en seulement 8,7 ans. Elle s'approche beaucoup plus près du trou noir que toutes les autres étoiles connues autour de celui-ci.

L'intérêt majeur de cette découverte est que S301 est suffisamment proche de Sagittarius A* pour subir les effets de la rotation du trou noir. Selon la théorie de la relativité générale d'Einstein, un trou noir en rotation entraîne l'espace-temps autour de lui. Les chercheurs espèrent utiliser les mouvements de S301 pour mesurer directement cette rotation, ce qui constituerait un test important de la relativité générale.

L'étoile a été détectée grâce à l'interféromètre du Very Large Telescope (VLTI) de l'ESO au Chili et à l'instrument GRAVITY+. Les observations ont commencé à révéler sa présence en 2023, puis les astronomes ont reconstitué son orbite jusqu'en 2017.

Les chercheurs pensent que S301 faisait autrefois partie d'un système binaire. Sous l'effet des forces gravitationnelles extrêmes de Sagittarius A*, les deux étoiles auraient été séparées : S301 est restée piégée en orbite autour du trou noir tandis que son étoile compagne a probablement été éjectée à très grande vitesse hors de la galaxie.

Les futures observations avec GRAVITY+ et le futur Extremely Large Telescope (ELT) de l'ESO devraient permettre de mesurer directement la rotation de Sagittarius A* lors des prochains passages rapprochés de S301, notamment en 2031